Ðãɫֱ²¥

Nouvelles

Nouvelles avenues pour un accroissement de la longévité et une meilleure prévention des chutes

Une étude met au jour le lien entre le déclin des capacités motrices et les changements dans les cellules cérébrales associés au vieillissement
Un groupe de personnes âgées pratiquant le tai-chi
Image par Getty Images.
±Ê³Ü²ú±ô¾±Ã©: 23 February 2026

Une équipe de recherche de l’Université Ðãɫֱ²¥ a établi un lien direct entre le déclin de l’activité neuronale dans le cervelet, dû à l’âge, et la détérioration des capacités motrices : démarche, équilibre et agilité. Le fait que ces capacités diminuent avec l’âge n’est plus à démontrer, mais cette étude est la première à montrer que les changements dans les cellules de Purkinje – type de neurones dans le cervelet – causent la diminution des capacités et se traduisent par des modifications mesurables du comportement et des capacités physiques.

« En démontrant le lien de cause à effet entre les changements qui surviennent dans les cellules de Purkinje avec l’âge et l’altération de la démarche, de la coordination et de l’équilibre, nos travaux ouvrent de nouvelles perspectives pour des traitements pouvant prévenir ou retarder le vieillissement moteur », explique , auteur principal de l’étude et doctorant au sein du Programme intégré en neurosciences de l’Université Ðãɫֱ²¥. « Nous espérons ainsi pouvoir prolonger la durée de vie en bonne santé et améliorer la qualité de vie et l’autonomie des personnes âgées. »

Ces résultats sont importants pour l’amélioration de mesures de santé publique, comme la prévention des chutes. Ils pourraient aussi aider les spécialistes à comprendre pourquoi certaines perturbations neuronales similaires se manifestent dans la maladie d’Alzheimer et d’autres troubles neurodégénératifs.

La recherche a été menée en collaboration avec le de la Pre Alanna Watt au Département de biologie.

Le lien entre le corps et l’esprit

Les cellules de Purkinje traitent l’information sensorielle et les signaux internes du corps, et envoient des messages pour ajuster au mieux l’activité motrice. Cependant, contrairement aux autres neurones, elles peuvent également émettre spontanément des signaux électriques pour affiner les mouvements moteurs.

Afin d’évaluer l’effet du vieillissement sur ces activités, l’équipe de recherche a testé la coordination motrice de souris de 2 mois (jeunes souris) à 18 à 24 mois (souris âgées). Comme chez les humains, les individus âgés ont obtenu de moins bons résultats pour plusieurs tâches de coordination, notamment la marche sur une poutre surélevée et le maintien sur une tige tournante (Rotarod).

L’équipe a également enregistré l’activité électrique des cellules de Purkinje chez les souris et a observé que les fréquences de décharge étaient nettement plus faibles chez les individus âgés. Afin de déterminer si ce phénomène était à l’origine du déclin comportemental, l’équipe a eu recours à un outil génétique appelé DREADD, un type de récepteur qui permet d’augmenter et de diminuer l’excitabilité neuronale.

« Lorsque nous avons utilisé le DREADD pour ralentir le rythme de décharge des cellules de Purkinje chez des souris jeunes, et ainsi imiter le comportement des cellules des individus plus âgés, nous avons observé que les souris restaient moins longtemps sur la tige tournante que les souris dont le rythme de décharge des cellules n’avait pas été modifié », explique Eviatar Fields.

À l’inverse, l’équipe a accéléré le rythme de décharge des cellules de Purkinje chez des souris plus âgées et a remarqué que les souris restaient plus longtemps sur la tige, ce qui pourrait indiquer une amélioration de la coordination motrice.

« Nous avons montré que la fréquence des décharges spontanées des cellules de Purkinje âgées est plus lente, et que, si on l’accélère, on améliore la coordination. Le changement de fréquence aurait donc une influence sur le déclin fonctionnel de la coordination motrice lié au vieillissement », précise le chercheur.

L’équipe a procédé à un deuxième test sur des souris entraînées à tirer une ficelle d’un mètre pour obtenir des céréales en récompense. Les résultats ont été similaires : les souris âgées obtenaient de moins bons résultats que les plus jeunes, mais lorsque les chercheurs augmentaient la fréquence des décharges de leurs cellules de Purkinje, les souris âgées obtenaient de bien meilleurs résultats. Pour la Pre Watt, coautrice de l’étude, des études plus poussées dans ce domaine pourraient être bénéfiques à une population vieillissante.

« La coordination motrice est un aspect du vieillissement qui est négligé. Il est pourtant essentiel de l’étudier, car le déclin de la coordination s’accompagne d’une augmentation du risque de chute, et les chutes peuvent avoir des répercussions catastrophiques sur la qualité de vie », conclut-elle.

³¢â€™Ã©t³Ü»å±ð

L’article « », par Eviatar Fields, Alanna J. Watt et coll., a été publié dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.

Cette recherche a été financée par les Instituts de recherche en santé du Canada, le Fonds d’excellence en recherche Apogée Canada, le Fonds de recherche du Québec et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, et une bourse commémorative Dr Stephen J. Zalcman.

Back to top