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Les biais cognitifs des recruteurs peuvent nuire au succès des équipes sportives

Des chercheurs dressent une liste de préjugés qui peuvent fausser le processus de sélection d’athlètes
Sports talent scout taking notes with baseball players behind him
Image par Getty images.
±ĘłÜ˛ú±ôľ±Ă©: 17 February 2026

Les recruteurs sont influencés par divers biais cognitifs courants qui peuvent nuire à leur travail et au succès des équipes, selon un article publié dans l’International Review of Sport and Exercise Psychology.

L’équipe de recherche a passé en revue la littérature scientifique et populaire et a répertorié près de 200 biais cognitifs, ou erreurs de jugement, qui conduisent à prendre des décisions plus ou moins judicieuses. Elle a ensuite relevé 38 biais grandement susceptibles d’influencer le repérage et la sélection de talents dans le sport et les a classés par catégories.

« Nous espĂ©rons que le cadre que nous avons créé rĂ©duira le nombre de sĂ©lections injustes dans les Ă©quipes sportives de haut niveau et qu’il mènera Ă  des choix plus objectifs et Ă©clairĂ©s », indique Daniel Fortin-Guichard, professeur adjoint au DĂ©partement de kinĂ©siologie et d’éducation physique de l’UniversitĂ© Đăɫֱ˛Ą, et coauteur de l’étude.

La première impression est déterminante

ł˘â€™Ă©tłÜ»ĺ±đ a rĂ©vĂ©lĂ© que l’ordre dans lequel les informations sont prĂ©sentĂ©es peut influer sur la perception des recruteurs. Par exemple, ils peuvent avoir tendance Ă  privilĂ©gier les joueurs qu’ils voient en premier ou ceux qui sont impressionnants au dĂ©part, mĂŞme si leurs performances sont moyennes par la suite. Ce phĂ©nomène, connu sous le nom d’effet de primautĂ© ou de biais d’ancrage, peut influencer le regard qu’un recruteur porte sur un athlète au cours d’une partie ou tout au long d’une saison.

De plus, les chercheurs ont constaté que les recruteurs peuvent accorder une attention particulière aux aspects du comportement des joueurs qui confirment leurs propres opinions ou stéréotypes. C’est ce qu’on appelle le biais de confirmation. Si un recruteur estime qu’un joueur est talentueux, il pourrait ne voir que ses points forts et négliger ses défauts. Le contexte a également son importance. Par exemple, un joueur peut sembler exceptionnel par rapport à des athlètes plus jeunes, mais beaucoup moins impressionnants parmi ses pairs plus âgés. C’est l’effet de cadrage.

L’« effet de la main chaude » et d’autres biais

Les chercheurs ont répertorié et classé plusieurs autres biais. Les recruteurs peuvent supposer qu’un joueur va réussir parce qu’il partage certaines caractéristiques avec d’anciennes vedettes ou qu’il leur ressemble à certains égards (c’est ce qu’on appelle l’heuristique de disponibilité). Ils peuvent également, par effet d’entraînement, choisir certains joueurs considérés comme prometteurs par d’autres recruteurs. Leur jugement peut aussi être faussé par « l’effet de la main chaude », croyance selon laquelle les succès passés d’un athlète sont garants de ses succès futurs. Par exemple, si un joueur de basketball a réussi plusieurs tirs au panier dans le passé, on suppose qu’il restera un bon marqueur.

« Les décisions en matière de recrutement sont rarement neutres, résume Daniel Fortin-Guichard. Elles sont plutôt influencées par des associations subtiles et des perspectives personnelles, souvent inconscientes. »

Selon les chercheurs, le cadre qu’ils ont créé pourrait servir à déceler les recruteurs ou les entraîneurs les plus susceptibles d’avoir des préjugés et à mettre au point des méthodes permettant une sélection des talents moins subjective.


ł˘â€™Ă©tłÜ»ĺ±đ

« A framework of cognitive biases that might influence talent identification in sport », par David L. Mann, Daniel Fortin-Guichard et Daniel Müller, a été publié dans International Review of Sport and Exercise Psychology.

DOI : 10.1080/1750984X.2025.2556393

Financement

Fonds de recherche du Québec – Société et culture

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