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Peut-on détecter le risque élevé de dépression chez les personnes victimes de maltraitance pendant l’enfance? Une étude fournit des pistes intéressantes

Des scientifiques réalisent une avancée dans la recherche de marqueurs biologiques pour la dépression
Young woman with head in hands
Image par Getty Images.
±Ê³Ü²ú±ô¾±Ã©: 13 February 2026

Une équipe de recherche a mis au jour un schéma d’activité génique associé à un risque élevé de dépression chez certaines femmes qui ont été victimes de maltraitance pendant leur enfance.

« Nous savons que la maltraitance pendant l’enfance augmente le risque de dépression dans la population en général, mais au niveau individuel, il est beaucoup plus difficile de prédire chez qui ce trouble se manifestera », indique Patricia Silveira, professeure au Département de psychiatrie de l’Université Ðãɫֱ²¥, chercheuse à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas et auteure en chef de l’étude. « Nos résultats mettent en évidence un mécanisme biologique qui pourrait nous permettre de cibler les personnes les plus à risque, du moins chez les femmes. »

Ce schéma n’a pas été observé chez les hommes, ce qui laisse supposer que les mécanismes biologiques liant les traumatismes à la dépression peuvent différer selon le sexe. La compréhension de ces différences suscite un intérêt croissant en recherche sur la santé mentale, ajoute-t-elle, en particulier compte tenu de la prévalence plus élevée de la dépression chez les femmes.

À la recherche de signes dans le cerveau

S’appuyant sur des données de la UK Biobank concernant des milliers de personnes, notamment des renseignements sur leur enfance, leur santé mentale et leur bagage génétique, les chercheurs et chercheuses ont examiné un réseau de gènes participant à la fonction synaptique, processus que l’on sait perturbé par la dépression.

Les résultats publiés dans la revue eBioMedicine, qui fait partie de The Lancet Discovery Science, indiquent que chez les femmes ayant subi de la maltraitance pendant l’enfance, une configuration particulière de ce réseau de gènes est liée à un risque plus élevé de dépression.

« Nos constats donnent à penser que le risque de dépression dépend de la manière dont les gènes participant à la fonction synaptique réagissent aux expériences vécues en début de vie. Il s’agit d’un sujet d’étude prometteur », précise Carla Dalmaz, professeure de l’Universidade Federal do Rio Grande do Sul invitée à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas et coauteure principale de l’étude.

Ces travaux s’inscrivent dans une initiative plus vaste visant à trouver les signatures génomiques associées au risque de manifestation de la maladie, qui touche au cours de leur vie.

« Le diagnostic de la dépression repose principalement sur le signalement de symptômes, et il n’y a toujours pas d’outils biologiques largement reconnus en pratique clinique courante qui permettraient de déceler un risque à un stade précoce », constate Danusa Mar Arcego, associée de recherche à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas et coauteure principale de l’étude. « Grâce à nos résultats, nous comprenons un peu mieux les raisons pour lesquelles certaines personnes sont plus vulnérables, ce qui pourrait permettre d’établir plus tôt des stratégies de soutien et de prévention. »

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L’article « », par Danusa Mar Arcego, Carla Dalmaz, Patrícia P. Silveira et leurs coauteurs, a été publié dans eBioMedicine. ³¢â€™Ã©t³Ü»å±ð a été financée par la JPB Foundation, la Hope for Depression Research Foundation, la Brazilian Federal Agency for Support and Evaluation of Graduate Education (CAPES-BR par le biais de son programme de professeurs invités), le Fonds de recherche du Québec et les Instituts de recherche en santé du Canada.

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